INFO HPV

1. UNE BANDE DESSINÉE POUR MIEUX COMPRENDRE L’HPV ET LE CANCER DU COL DE L’UTÉRUS

Une bande dessinée, parue chez Chepe (maison d’édition spécialisée dans la BD médicale), à laquelle les professeurs C.Mougin et D.Riethmuller ont collaboré, aborde le sujet du cancer du col de l’utérus et des papillomavirus dans un registre ludique et compréhensible par tous.
La BD est disponible sur le site de Chepe : http://www.chepe.fr/index.php/bandesdessinees/oncologie/le-cancer-du-col-de-luterus

2. ADÉNOCARCINOMES IN SITU DU COL UTÉRIN: QUELS FACTEURS DE RÉCIDIVE ?

Article issu de la newsletter n°80 de Gynéco Online

Jean-Luc MERGUI

 

Les lésions glandulaires pré néoplasiques (AIS) du col utérin ou adénocarcinomes in situ sont de diagnostique souvent malaisé en raison de la difficulté du signal cytologique dans les frottis de dépistage, mais aussi en raison de la difficulté de leur repérage colposcopique dans le tissu glandulaire qui n’est pas toujours visible depuis l’exocol ou dont la sémiologie colposcopique n’est pas spécifique.

Les frottis de dépistage peuvent parfois mettre en évidence des anomalies des cellules glandulaires encore appelées AGC (pour atypie des cellules glandulaires). Les nouvelles recommandations INCa de fin 2016 proposent devant un Frottis AGC de réaliser un test HPV de triage pour les patientes de moins de 45 ans et pour les autres un test HPV associé à une exploration utero-annexielle afin de rechercher une possible anomalie des cellules glandulaires extra cervicales (endomètre ou annexes (ovaires et trompes)).

Devant un Frottis AGC avec un test HPV positif il convient de réaliser une colposcopie associée à un curetage de l’endocol. Le diagnostique histologique final peut être parfois celui d’une lésion malpighienne pure, d’une lésion glandulaire pure ou bien celle d’une lésion mixte à la fois CIN & AIS (adénocarcinome in situ). Parfois également le diagnostique initial est celui d’une lésion malpighienne (CIN de haut grade CIN2-3) dont la prise en charge thérapeutique repose principalement sur l’exérèse et l’on peut découvrir alors sur la pièce opératoire (souvent réalisée sous la forme d’une Electro-Conisation à l’Anse Diathermique ou ECAD) la présence d’une lésion glandulaire totalement passée inaperçue dans le bilan diagnostique initial.

La prise en charge post thérapeutique d’un AIS n’est pas simple en raison des difficultés de leur surveillance, même en cas d’exérèse en berges saines le risque de récidive n’est pas négligeable. Leur prise en charge thérapeutique quand le diagnostic est établi avant l’intervention consiste en une exérèse large et étendue dans l’endocol sous la forme d’une cylindrectomie afin de tenter d’obtenir avec le plus de sécurité possible des berges saines à la fois dans l’endocol et dans le chorion latéralement.

Les auteurs ont tenté d’étudier les facteurs de récidive post thérapeutique, ainsi sur cette étude rétrospective portant sur 636 patientes dont l’âge moyen était de 32.3 ans, les auteurs ont retrouvé 41,8%  de lésions d’AIS purs et 58,2% de lésions associant AIS & CIN. 7,4 % ont présenté une récidive sous la forme d’AIS et 1,9% sous la forme d’une lésion glandulaire invasive.

Parmi les facteurs influençant le risque de récidive / persistance, on retrouve :

– l’âge, ainsi un âge supérieur à 30 ans augmente par 2.1 le risque ;

– l’étendue de la lésion d’AIS: supérieure à 8mm augmente le risque de 2.5 ;

 l’atteinte des berges endocervicales: augmente le risque de 5.8, alors que l’atteinte des berges exocervicales n’est pas significatif ;

 l’association à une lésion malpighienne CIN en revanche semble protéger de la récidive puisque les AIS purs ont un risque de récidive supérieurs de  2.3 [95%CI 1.28-3.94; P = 0.005].

Les auteurs confortent donc les études antérieures montrant l’importance principale de l’exérèse en berges saines dites in sano. En revanche l’association à une CIN  (malpighienne) semble plutôt être protectrice, mais les auteurs ne parviennent pas à donner d’explication claire dans la mesure où aucune étude virologique du type d’HPV en cause n’a été réalisée, il n’est pas possible d’incriminer la biologie virale? Ils évoquent peut être le diagnostique plus précoce de la lésion grâce à la présence d’une lésion malpighienne mais la longueur les lésions d’AIS n’est pas différente dans les 2 groupes…

Le Facteur de risque le plus important restant le caractère in Sano et bien que dans cette étude il n’y avait pas de différence en fonction du mode d’exérèse ( ECAD versus conisation chirurgicale), il semble préférable quand le diagnostic d’AIS est connu avant le traitement de privilégier une méthode d’exérèse large ( cylindrectomie) notamment chez les patientes de plus de 30 ans et dans les formes pures adénocarcinome in situ.

Risk of persistent or recurrent cervical neoplasia in patients with ‘pure’ adenocarcinoma-in-situ (AIS) or mixed AIS and high-grade cervical squamous neoplasia (cervical intra-epithelial neoplasia grades 2 and 3 (CIN 2/3)): a population-based study.

Codde E, Munro A, Stewart C, Spilsbury K, Bowen S, Codde J, Steel N, Leung Y, Tan J, Salfinger SG, Mohan GR, Cohen PA.

BJOG. 2018 Jan;125(1):74-79. doi: 10.1111/1471-0528.14808. Epub 2017 Aug 2.

3. DOUGLAS LOWY ET JOHN SCHILLER LAURÉATS DU PRIX LASKER-BLOOMBERG 2017

Douglas Lowy et John Schiller sont les lauréats du prestigieux prix américain Lasker qui récompense des personnalités de la recherche médicale clinique. Les deux chercheurs du «National Cancer Institute » aux Etats-Unis, ont été primés pour leurs travaux ayant permis le développement des vaccins contre les papillomavirus humains.

Au début des années 1990, J. Schiller et D. Lowy ont réussi à assembler, in vitro, les protéines de la capside des papillomavirus, sous forme de pseudo-particules virales (ou VLP pour Virus-Like-Particule). Ces VLP sont semblables à la capside des virus natifs mais ne contiennent pas de matériel génétique. Elles sont utilisées comme antigènes, à la base des vaccins anti-papillomavirus. Elles sont très immunogènes ; elles permettent la production d’anticorps qui assureront une protection très efficace contre une éventuelle infection par les HPV ciblés par la vaccination.

Aujourd’hui, deux vaccins sont disponibles : le Gardasil (protégeant contre les papillomavirus humains 6, 11, 16 et 18) et le Cervarix (contre les papillomavirus 16 et 18). Un troisième, le Gardasil 9 (contre les papillomavirus 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58) devrait être prochainement disponible sur le marché en France.

Le lien de la page du site Lasker présentant les lauréats :

http://www.laskerfoundation.org/awards/show/hpv-vaccines-cancer-prevention/

 

En 1986, Luc Montagnier fut le récipiendaire du prix Lasker, avant de se voir décerner en 2008, le prix Nobel de Médecine/Physiologie qu’il partagera avec Françoise Barré-Sinoussi pour la découverte du VIH. Le Pr Harald zur Hausen, fut le troisième lauréat du prix Nobel 2008, pour ses travaux sur les papillomavirus responsables du cancer du col de l’utérus.

 

Image de microscopie électronique gracieusement fournie par Pierre Coursaget, INSERM U618, Tours, France.

Des pseudo-particules d’HPV16 ou VLP constituées de protéines de capside mais ne contenant pas l’ADN du virus, sont à la base des vaccins prophylactiques dirigés contre l’HPV16, le type d’HPV le plus carcinogène.

4. HPV ET CANCERS DE LA TÊTE ET DU COU

La campagne européenne “Prendre le cancer à la gorge” visant à informer et à sensibiliser les patients et les médecins sur les cancers des Voies Aéro-Digestives Supérieures (VADS) s’est tenue du 18 au 22 septembre .

Le papillomavirus est impliqué dans certains cancers de la tête et du cou.

 

Qu’est-ce que le papilloma virus humain ?

Le papilloma virus humain, abrégé « HPV », est un virus très courant, contracté par la majorité des gens à un moment ou à un autre de leur vie. Il peut affecter la peau et les muqueuses qui bordent certaines parties du corps à plusieurs endroits, comme :

  • la bouche et la gorge
  • l’anus
  • le col de l’utérus
  • le pénis
  • le vagin
  • la vulve

Plus de 100 types différents de HPV ont été identifiés, chacun désigné par un numéro. Certains types de HPV ont été associés à des tumeurs non cancéreuses, mais d’autres sont connus pour être cancérigènes. Chez de nombreuses personnes, les infections au HPV apparaissent et disparaissent sans qu’il y ait de symptômes. En effet, le virus peut rester inactif pendant des mois sans symptômes. Si vous n’éliminez pas l’infection, vous pouvez développer un cancer. Cependant, la plupart des personnes, sans même le savoir, ne sont plus porteuses du virus et ont donc une faible probabilité de développer un cancer.

Quel est le lien entre HPV et le cancer ?

On sait que certains types de HPV connus sous le nom de HPV « à haut risque » augmentent le risque de développer certains types de cancer, y compris les cancers de l’anus, du col de l’utérus, du pénis, de la vulve, du vagin et de la tête et du cou. D’après de récentes estimations, plus de 5% de tous les cancers sont attribués au HPV. Le HPV peut provoquer des cancers dans le fond de la gorge, à la base de la langue et au niveau des amygdales, dans une zone appelée l’oropharynx. Ces cancers sont appelés cancers oropharyngés et font partie du groupe appelé cancers de la tête et du cou. On estime que chaque année, dans le monde, environ 45 000 nouveaux cas de cancer de la tête et du cou peuvent être attribués à une infection au HPV.

Le type de HPV le plus fréquemment associé à un cancer est le HPV -16. Il est responsable de 50 à 60% des cancers du col de l’utérus et de 80 à 90% des autres cancers comme le cancer de la tête et du cou. D’autres types de HPV à haut risque associés aux cancers de la tête et du cou sont les HPV -18, 31 et 33, mais ils sont bien plus rares que le HPV -16.

Quelle est l’incidence des cancers de la tête et du cou liés au HPV ?

L’incidence des cancers de la tête et du cou liés au HPV augmente rapidement dans le monde entier. Les patients atteints d’un cancer de la tête et du cou lié au HPV sont généralement plus jeunes, en bonne santé et ne présentent pas forcément des antécédents classiques de tabagisme et/ou d’alcoolisme. Au niveau mondial, on estime que le HPV est responsable de 18,5% à 90% des cancers oropharyngés. Cette fourchette varie à travers le monde en raison des différences culturelles, des normes de pratique médicale et des taux de diagnostic par pays.

De nouvelles études ont identifiées un lien entre le cancer de la tête et du cou lié au HPV et le comportement sexuel. Comme le HPV peut être transmis après un seul rapport sexuel, le risque augmente avec le nombre de partenaires sexuels qu’une personne a.

Est-ce que je peux me faire vacciner contre le HPV ?

Il existe actuellement trois vaccins qui fournissent une protection contre plusieurs types de HPV – Cervarix®, Gardasil® et Gardasil 9®. Ces vaccins sont actuellement recommandés pour les garçons et les filles âgés de 11 à 12 ans (uniquement pour les filles en France) pour les protéger contre un certain nombre de maladies causées par le HPV, dont, entre autres le cancer du col de l’utérus et le cancer de la tête et du cou. Veuillez noter que : les recommandations de vaccination varient selon les pays. Veuillez contacter votre médecin local pour plus d’information. Les trois vaccins homologués ciblent le HPV -16 qui est responsable d’environ 90% des cancers de la tête et du cou. Tous les vaccins anti- HPV sont à l’heure actuelle préventifs et ne sont pas efficaces contre l’infection une fois le cancer établi.

Ces dernières années, la vaccination anti- HPV est devenue une pratique médicale établie. Cependant, des études complémentaires seront requises pour confirmer l’efficacité des vaccins pour la prévention des cancers de la tête et du cou.

Que réserve l’avenir ?

Bien que la vaccination constitue un pas en avant dans la protection contre le HPV, un certain nombre de personnes ne sont toujours pas vaccinées et ne sont pas protégées.

Dans de nouveaux travaux, la recherche se concentrera sur le développement de nouveaux vaccins qui non seulement préviennent l’infection, mais aussi traitent les personnes atteintes d’un cancer lié au HPV. Les chercheurs ont aussi constaté que les patients diagnostiqués avec un cancer de la tête et du cou avaient tendance à mieux répondre à certains traitements que ceux non infectés par le HPV. Des essais sont actuellement en cours pour déterminer si les patients atteints d’un cancer de la tête et du cou infectés par le HPV peuvent recevoir un traitement moins intensif, tout aussi efficace, mais avec moins d’effets secondaires.

De plus, des études sont actuellement en cours sur l’activité et les techniques de conseil car celles-ci sont importantes pour le traitement et le soutien continu des patients.

5. AUGMENTATION DU TAUX DE VACCINATION CONTRE L’HPV CHEZ LES ADOLESCENTES AUX USA

Le CDC (Centers for Disease Control and Prevention) a publié des résultats encourageants sur la vaccination aux Etats Unis : le nombre d’adolescent(-e)s vaccinés contre l’HPV est en augmentation. Avec un pourcentage de 60% en 2016, c’est 4% de plus qu’en 2015. Le CDC recommande, pour les Etats Unis, deux doses de vaccins HPV pour les enfants de 11 à 14 ans, et de trois doses pour les jeunes adultes de 15 à 26 ans. La vaccination doit se faire idéalement avant les premiers rapports sexuels mais le CDC la recommande également pour les jeunes adultes déjà sexuellement actifs. Depuis 2011, les garçons ont également la possibilité de se faire vacciner.

En France, le taux de vaccination est insuffisant : seulement 14% de jeunes filles de 16 ans ont reçu un schéma vaccinal complet en 2015 mais nous pouvons espérer que, comme aux Etats Unis, il augmente dans les années à venir. Liens :

https://mobile.nytimes.com/2017/09/22/health/hpv-vaccine-teenagers.html?smtyp=cur&_r=0&referer=

https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/66/wr/mm6633a2.htm?s_cid=mm6633a2_w

https://www.nytimes.com/2016/10/20/health/children-14-or-under-need-fewer-hpv-vaccine-doses.html?mcubz=0

http://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Facteurs-de-risque-et-de-protection/Agents-infectieux/Prevenir-le-cancer-du-col-de-l-uterus

6. LE GARDASIL 9® EST AUSSI EFFICACE QUE LE GARDASIL 4®

Le journal Lancet a publié les résultats d’une étude comparative entre le Gardasil 4® et le Gardasil 9® (Huh, Lancet 2017). L’étude porte sur le suivi de 14 215 jeunes femmes de 16 à 26 ans vaccinées avec le Gardasil 4® ou le Gardasil 9® (3 injections sur une période de 6 mois). Les résultats démontrent que le Gardasil 9® est aussi efficace que le Gardasil 4® contre les infections et les lésions précancéreuses et cancéreuses de la vulve, du vagin et du col de l’utérus liées aux 4 types d’HPV communs aux deux vaccins (HPV 6, 11, 16, 18) et que son efficacité contre les infections et les lésions associées aux 5 autres types d’HPV (HPV 31, 33, 45, 52 et 58) est supérieure à 95%.

7. NOUVEAUTÉ SUR LA VACCINATION HPV EN FRANCE

Un article du Dr Hélène Borne, paru dans la revue Genesis en 2015, aborde la vaccination HPV en France.

L’article est disponible ici : lien

8. LE PAPILLOMAVIRUS VU PAR LES YOUTUBEUSES

Les Youtubeuses Maud Bettina Marie, Juliette Tresanini et Nad Rich’Hard nous parlent, à leur façon, de Papillomavirus dans leur chronique “Parlons peu, Parlons cul”.

Une vidéo, pleine d’humour, pour sensibiliser les jeunes aux risques liés aux infections à HPV, et à l’importance du dépistage du cancer du col de l’utérus et de la vaccination.